C'est la journée de la femme. La RTBf a publié un beau document ce vendredi soir à
l'instigation de l'excellente journaliste Malika Attar. J'ai été choqué, interpellé par les témoignages livrés dans l'émission de Malika Attar.
L'émission était consacrée aux mariages forcées des jeunes musulmanes en Belgique et au témoignage de Karima, une jeune verviétoise qui a été séquestrée, battue chez elle et mariée de force au Maroc par son père .
Karima a résisté, s'est enfuie de chez elle et a été hébergée dans une association.
Elle a dû se reconstruire et a écrit un livre, qui a connu un succès pour raconter son témoignage.
et mettre en garde, sur base de son expérience contre les mariages forcés qui brisent les jeunes femmes
et l'obscurantisme qui existe dans certains milieux. 13 ans après sa "libération", Karima continue son combat contre la discrimination des petites filles musulmanes.
Elle donne des conférences et se bat pour les droits de ces petites filles à sortir d'un monde arriéré et moyenageux, à éviter, au sein de la famille, des comportements archaïques intolérables dans une société moderne: les coups, la séquestration, les mariages conclus par les pères pour quelques milliers de dirhams et ensuite la soumission au mari
Au Maroc aussi, l'on lutte contre ces pratiques. Je lisais dans la Libre Belgique de ce samedi que le Roi Mohammed VI vient de prendre il y a quelques années des mesures législatives pour contrer les mariages forcés. Mais dans la pratique, ces traditions archaïques ont la peau dure.
L'actuelle ministre française de la justice, Mme Rachida Dati est également passée dans sa jeune vie d 'adulte par la case du mariage forcé doent elle a pu bien heureusement obtenir rapidement l'annulation.
Ces jeunes filles sont prises entre leur désir de liberté et un devoir de loyauté à leur famille et ces familles se jouent de cette obligation ressentie de légitimité.
Le rôle des écoles, des organismes sociaux pour détecter ces situations et y remédier est essentiel.
Le reportage présentait un autre destin, plus tragique, celui de Saadia vivant dans une famille pakistanaise musulmane de Charleroi, étudiante en droit qui a été assassinée par son frère, semble-t-il à l'instigation du père parce qu'elle refusait de partir au Pakistan pour consommer un mariage arrangé par deux familles. Sadiaa est morte deux jours plus tard à l'hôpital entourée de son petit ami belge et de ses condisciples d'école.
Ses amies d'école, profondément meurtries par ce fait divers qui les a touchées dans leur âme ont remué ciel et terre pour sensibiliser la population et faire vivre la mémoire de Saadia, elles ont organisé au sein de leur haute école un colloque pour sensibiliser l'opinion publique.
Ces deux destins croisés posent des questions essentielles pour nos
démocraties modernes. Il ne faut pas transiger sur nos principes de base, ne pas laisser ces pratiques révoltantes s'insinuer chez nous
et faire la chasse à des tendances sournoises à vouloir imposer des traitements différenciés aux hommes et aux femmes, dans la vie de tous les jours,
comme les horaires de piscines différents pour hommes et femmes qui pourraient apparaître sympathiques mais créent un réel apartheid
au quotidien et enferment les femmes dans un monde fait pour les asservir.
Pensons à l'égalité homme-femme, aux libertés publiques et individuelles essentielles.
Il y a aujourd hui des vies de jeunes femmes brisées ou meurtries, ne l'oublions pas.