Une occasion manquée ! C'est ainsi qu'on peut qualifier la position qu'a dû prendre le MR ce lundi après midi suite à
la rebuffade du groupe-Maingain et celle du groupe-Deprez.
Plus qu'une question de libéralisme social ou pas, ils étaient tous mécontents pour une question de places.
Le FDF car il avait raté le coche de la tête de liste MR en région bruxelloise pour Didier Gosuin (et peut-être de la présidence du
gouvernement bruxellois) et le MCC car Gérar Deprez n'allait plus être député européen (après un record de longévité de 5 mandats au parlement européen) et menaçait de rejoindre son écurie d'origine, celle de Madame Milquet. Le cdH s'était d'ailleurs placé en embuscade ce lundi matin pour essayer d'emporter le morceau MCC mais aussi le FDF.
Evidemment l'équipe de Rudy Aernoudt pesait peu par rapport à ces enjeux.
Ca aurait quand même été intéressant de rassembler dans une grande formation de la liberté différentes personnalités qui toutes apportent
leurs spécificités et renforcent un mouvement: Olivier Maingain le francophonissime, Gérard Deprez le respecté président de la commission des libertés du parlement
européen et Rud Aernoudt l'économiste qui bouge les lignes.
L'esprit conservateur l'a emporté, la peur du changement, la volonté de se cramponner à des mandats et peut-être, osons le dire le
manque d'envie d'accueillir un "flamand" en politique francophone. Evidemment, ça casse le ronron, les clichés que la particratie belge s'est imposée depuis
le "Walen Buiten" de 68 et les traumatismes communautaires. Mais un pays, un peuple ne peut continuellement vivre avec
les fantômes du passé. Il faut à un moment tourner la page. Nous vivons en Europe !!! Tout cela est fatiguant !! t aux élections européennes, un européen peut se porter candidat dans n'importe quel Etat de l'Union.
En tous cas, c'est un immense gachis, pour le Président Reynders qui a essayé de rassembler, pour Rudy Aernoudt qui avait de bonnes idées à apporter comme il l'avait montré dans son tandem avec Serge Kubla et aussi pour l'ensemble du MR.
L'idée du président Reynders de rassembler n'était pas sotte du tout. L'éditorial du soir de ce matin parlait de la tentation italienne.
C'est l'exemple d'une alliance réussie et jamais tentée auparavant depuis la création de la République Italienne de rassembler des forces différentes,
mues par l'idée de liberté dans un seul grand mouvement. Le popolo della liberta rassemble encore bien plus largement que le MR aujourd'hui, en ayant fait le deuil de
vieilles querelles du passé: il y a des libéraux, des ultralibéraux, des chrétiens-démocrates, des fédéralistes de la Lega Norte, les post-fascistes de l'Alleanza Nazionale ainsi que le groupe d'Allessandra Mussolini. Et l'on constate, même s'il y a des heurts dans la politique quotidienne que les extrêmes se recentrent et le Popollo della Liberta a montré, lors de plusieurs échéances électorales, qu'il bénéficie de l'adhésion populaire, avec une gauche minorisée et l'avènement de deux forces équilibrées au centre: l'UC de Pierpaolo Casolini et l'Italia dei Valori du juge Di Pietro.
L'exemple italien était, toutes choses égales d'ailleurs, intéressant à suivre. On a raté une belle occasion de faire bouger les choses en Wallonie et à Bruxelles.
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